Préparation du terrain pour le Grand-Prix 2017

PRÉPARATION DU TERRAIN POUR LE GRAND-PRIX

L’organisation d’une compétition importante sur un parcours est toujours source de motivation pour l’équipe de jardiniers. En effet elle pourra montrer son savoir faire. Chaque golf fera en fonction de ses moyens pour arriver au maximum du but recherché : la perfection.
Par compétitions importantes, on entend des épreuves nationales (open de France, Evian master..) et fédérales ( divers championnats & grand-prix) et non les nombreuses compétitions de classement inscrites aux calendrier où les exigences d’entretien ne seront pas les mêmes.
La plupart des golfs ne sont concernés que par des épreuves fédérales, les nationales étant réservées à 2-3 golfs qui sont de toute façon toujours manucurés.
A partir de Vendredi nous organisions notre Grand-Prix pour 3 jours de compétition occasion de vous faire découvrir les différentes étapes de sa préparation.

PREPARATION DES GREENS
L’objectif à atteindre est d’avoir des greens rapides, avec une ligne de putt constante et suffisamment dur pour résister aux piétinement des joueurs. De bons greens de tous les jours, ne sont pas forcément de bons greens de tournoi. A titre d’exemple une vitesse de green de 2,80 m considérée rapide en temps normal devient moyenne pour un tournoi…(voir tableau).
La problématique du Lys réside dans la précocité du Grand Prix qui intervient juste à la sortie de l’hiver. Une période où les gelées peuvent succéder à des températures douces, où le gazon n’est pas encore très poussant. La bonne santé sanitaire des greens est primordiale, le nécessaire sera fait pour lutter contre les maladies cryptogamiques et ainsi éviter les trous causés par le dépérissement du gazon. Cette année la sortie de l’hiver est positive avec l’absence de maladies.
La préparation de ces greens intervient plusieurs semaines avant la date de l’événement, le but étant d’amener les greens au « top » le jour J.
L’augmentation de la vitesse des greens dépend essentiellement de leur hauteur de coupe et de la fréquence des tontes. Il s’agira donc de ramener petit à petit les greens à une hauteur proche de 3mm ( pour ce week-end ce sera 3,3mm). Cette hauteur ne doit pas être atteinte au dernier moment mais environ 15 jours avant. Une fois cette hauteur déterminée, on jouera sur la fréquence des tontes (habituellement quotidienne), avec 2 passages de tondeuse par jour…voire 3 si on juge le gazon trop poussant.
Mais là n’est pas l’essentiel : En effet il est primordial que ces conditions optimum de jeu perdurent tout au long de la journée, pour que tous les joueurs soient logés à la même enseigne. Pour cela il est indispensable que les greens soient en fin de fertilisation (qu’ils aient faim…), et en arrosage réduit (qu’ils aient soif…) afin d’éviter qu’ils poussent. Ce gazon ainsi « stressé » offrira une qualité de jeu égale tout au long de la journée. Il est bon de savoir qu’un bon green n’est pas vert mais plutôt jaune ( en état de stress). Ce côté inesthétique peut être corrigé par une pulvérisation de solution à base de fer ou par un colorant (action reverdissante que nous avons réalisée il y a 10 jours).
Enfin le dernier point et non des moindre à aborder, est la qualité de la ligne de putting qui doit être la plus régulière possible afin de limiter le sautillement de la balle. Pour répondre à cet impératif on va jouer sur la planimétrie du green et sa fermeté.
Pour la planimétrie un apport régulier de sable très fin (appelé top-dressing) tous les mois durant la saison puis plus régulièrement à l’approche de la compétition permet d’aplanir la surface du green. Vous comprendrez mieux (et me pardonnerez…) pourquoi tout l’hiver nous avons régulièrement épandu du sable…
Pour peaufiner ce travail, le passage d’une lisseuse et de rouleaux permettent de lisser cette surface. Cet apport de sable se fait après un défeutrage du green à l’aide de lames verticales ( appelé verticut que nous avons réalisé il y’a 10 jours).
Ainsi la surface du green sera assez ferme pour résister aux passages des joueurs, tout en pitchant suffisamment pour accueillir la balle dans les meilleurs conditions.
L’arrosage devra être modéré en préférant un apport manuel et localisé (La sécheresse de cette fin mars nous a obligé à faire ces arrosage manuels depuis mardi)
Annexe: Vitesse du green en fonction des parties amicales ou compétitions
+ de 3,20m. Très rapide ( compétitions & amicales)
3,20 m. Rapide.( compétitions & amicales)
2,90 m. (Moyen rapide Compétitions / trop rapide? Amicales)
2,60m. (Moyen-lent compétitions / Moyen rapide amicales)
2,30m (Lent en compétition / Moyen Lent amicales)
2,00 m (Très lent en compétitions / Lent amicales)
N.B : La vitesse des greens est mesurée à l’aide d’un « green vite » ou “stimpmeter” ,rail d’un mètre ou l’on place une balle de golf à l’extrémité dans une encoche. On relève cette barre doucement jusqu’à ce que la balle quitte son logement, roule sur le rail puis sur le gazon. On réalise 3 fois la même opération et on mesure la distance parcourue sur le green. On recommence dans le sens inverse ( pour compenser la pente) et la vitesse retenue est la moyenne des 6 lancés. Il faut choisir un endroit relativement plat car l’écart entre 2 lancés inversés ne peut être supérieur à 45cm. Je vous communiquerais la vitesse des greens du lys Jeudi.

POSITIONS DE DRAPEAUX
La semaine précédent le tournoi, il n’est pas rare de se voir reprocher des positions de drapeaux (le 13 cette semaine….désolé), jugées trop difficiles par les joueurs habituels du club…mais cette situation est presque obligatoire. Tout est mis en œuvre pour protéger le maximum de bonnes positions pour que les arbitres aient le plus grand choix lors de leur reconnaissance du parcours. Pour chaque green il faut autant de positions de drapeaux qu’il y a de jour de compétition. Des positions qui devront rester jouables même en cas de pluie. Pour le Grand-Prix il faudra 3 positions différentes ce qui n’est pas toujours évident ( Exemple du 13 ce qui explique la position limite cette semaine)
Puisque les drapeaux sont souvent dans les coins à l’approche des tournois…profitez en pour jouer en match-play ou des formules ludiques (foursomes, scramble…)

PREPARATION DES DEPARTS
L’objectif à atteindre pour des tees de départ est une surface plane et exempte de divôts, ce qui nous oblige les semaines précédant l’événement à protéger les zones habituellement utilisées. Par exemple si vous recevez votre Grand-prix vous ferez en sorte que les zones des marques de départ bleues et blanches soient préservées en avançant les boules de départ.
Pour la planimétrie un sablage devrait suffire, et si ce n’est pas le cas c’est que des travaux sont indispensables et devront être planifiés bien avant la compétition. Bien entendu on accentuera les regarnissages en gazon .
Par contre, contrairement aux greens une légère fertilisation peut s’avérer nécessaire sans pour autant avoir un excès de pousse.
Pour améliorer la qualité des départs on peut baisser la hauteur de coupe (10mm pour le lys). On veillera que l’environnement du départ soit dégagé de tout obstacle que se soit dans le champ de jeu ou à la montée de drive.

FAIRWAYS, SEMI-ROUGHS, ROUGHS
Les dessin des fairways et semi-roughs doit être décidé en début de saison bien avant la date de la compétition (nous venons de le faire).
Pour les fairways il n’y a pas de préparation particulière si ce n’est une baisse de la hauteur de coupe (14mm au Lys) et un regarnissage éventuel des retombées de drive. Pour éviter d’être débordé on évitera de les fertiliser à proximité de la compétition.
Pour un travail plus soigné, on privilègiera des tontes sur un gazon sec ( Fin de matinée) pour éviter la présence de tas de tonte peu esthétiques. Certain golfs possèdent des tondeuses pouvant ramasser l’herbe, ce qui est encore mieux mais nécessite plus de main d’œuvre.
Pour notre Grand-prix nous tonderons 3 fois les fairways.
Semi-roughs & roughs devront être tondus de préférence en période sèche pour éviter les amas de gazon. Ils auront été désherbés pour éviter la nuisance des mauvaises herbes (trèfle, pâquerette, pissenlit…) ce que nous n’avons pas eu le temps de faire. La hauteur devra être adaptée à la qualité du champ de joueur pour que les roughs soient un obstacle sans être un piège à balles.
Néanmoins lorsque la compétition est aussi tôt dans la saison, le gazon est peu poussant donc les semi-roughs sont peu denses et les roughs inexistants puisque tondus avant l’hiver.

BUNKERS
Un brassage du sable pour le repositionner équitablement est souhaitable dans le semaines précédentes de la compétition (nous l’avons fait en même temps que la découpe des bunkers il y a 1 mois). Du sable sera éventuellement rajouté si nécessaire et en fonction des moyens….Les bords des bunkers seront découpés proprement et l’herbe arrachée. Les bunkers seront ratissés tous les jours dès la journée de reconnaissance.

AUTRES ZONES DE JEU ET ABORDS
Chaque recoin du golf devra avoir reçu la visite de la tondeuse ( exceptée les zones naturelles car recevoir une compétition n’est pas renoncer au biotope en place et à notre gestion écodurable des parcours) c’est ce que l’on appelle les détails de finition. Les talus,bords de sous-bois, pied de mur et tour d’arbre seront tondus à la débroussailleuse à la fois pour le côté esthétique mais bien souvent pour faciliter l’arbitrage ( moins de perte de balles) et la fluidité du jeu.
(là encore La précocité du Grand Prix nous permet d’éviter cette action). Les abords et surtout l’entrée du golf devront recevoir un soin particulier, car c’est la première image que les joueurs aura du golf. Des pelouses bien tondues et des parterres fleuris sont le premier signe de bienvenu.
Les lave-balles seront réapprovisionnés en eau et en serviette.

Les équipes d’entretien sont prêtes à répondre aux exigences engendrées par l’organisation d’une compétition. Cela nécessite bien souvent un surcroît de travail et de moyens car aucune impasse ne peut être pardonnée. Mais un beau terrain fait également la fierté de ses membres, heureux de partager le temps d’une compétition leur beau parcours.